Colloque CREBA 2025 - Réparons nos villes - En partenariat avec EnvirobatBDM
Le 21 novembre 2025 à la Friche la Belle de Mai, Marseille

Le CREBA a organisé son cinquième colloque annuel à Marseille, le 21 novembre 2025,
en partenariat avec EnvirobatBDM.
Le 21 novembre 2025, la Friche la Belle de Mai à Marseille a accueilli la 5e édition du colloque national du CREBA, organisé pour la première fois en partenariat avec EnvirobatBDM. Réunis autour du thème « Réparons nos villes », près de 330 professionnels ont partagé, le temps d'une journée, conférences, tables rondes et retours d'expérience dédiés à la réhabilitation responsable du bâti ancien.
Un large réseau d'acteurs mobilisé grâce à un partenariat inédit
Depuis sa création en 2018, le CREBA organise un rendez-vous récurrent d’animation interprofessionnelle, sous la forme d’un colloque national. L’édition 2025, placée sous le thème « Réparons nos villes », marque un partenariat inédit avec EnvirobatBDM et constitue également la 3ᵉ édition du colloque BâtiREHAB porté par l’association. Cette rencontre commune a permis d’explorer ensemble les enjeux du devenir de la ville et du bâti ancien dans toutes leurs dimensions.
Architectes, bureaux d'études, collectivités, bailleurs sociaux, chercheurs et associations : la diversité des participants a illustré l'intérêt croissant de la filière pour les enjeux de la réhabilitation durable. Portée par le Cerema et EnvirobatBDM, avec le soutien du programme ACTEE, du ministère de la Transition écologique et de l'Ademe, la journée a bénéficié de l'implication de nombreux partenaires, parmi lesquels Sites & Cités remarquables de France, la Frugalité Heureuse & Créative, Effinergie ou encore la Fondation du patrimoine.
« Réparer la ville » : la vision portée par l’architecte-urbaniste Christine Leconte
La journée s'est ouverte par la conférence de l'invitée d'honneur, Christine Leconte, architecte-urbaniste, directrice de l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-Belleville et co-autrice, avec Sylvain Grisot, de l'ouvrage « Réparons la ville ! Propositions pour nos villes et nos territoires ».
Son intervention a invité l'assemblée à changer de regard sur la ville existante. Elle a rappelé que la ville du futur est déjà là, puisqu’environ 80 % des bâtiments de 2050 sont déjà construits. Plutôt que de démolir pour reconstruire, elle a défendu l'idée de réparer : considérer chaque bâtiment comme une ressource, porter un regard bienveillant sur l'histoire des lieux et poursuivre leur récit plutôt que d'en effacer les traces.
Au-delà de l'argument environnemental, Christine Leconte a souligné que réhabiliter n'exige pas moins de créativité architecturale, mais une créativité différente : une architecture d'écoute, de transformation et d'adaptation, capable de concilier sobriété et qualité de vie. Une conférence inaugurale qui a donné le ton pour le reste de la journée.
Des tables rondes pour aborder les défis de la réhabilitation et le devenir du bâti ancien
En début d'après-midi, la conférence plénière « Centres anciens et résilience », proposée par l'association Sites & Cités remarquables de France et animée par sa directrice Florence Sirot, a prolongé les échanges de la matinée en mettant à l'honneur le centre historique de Marseille. Dans la continuité d'une étude environnementale consacrée à son adaptation au changement climatique, la table ronde a présenté les enseignements issus d'une approche par îlots prioritaires et démonstrateurs. Franck Caro (SPLA-IN Aix Marseille Provence), Frédéric Aubanton (DRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur), Stéphanie Gaucher (bureau d'études Inddigo) et Régis Nochumson (Huit et demi Architectes) ont partagé leurs retours d'expérience sur la réhabilitation des immeubles dégradés marseillais. Les échanges ont mis en évidence les spécificités des interventions sur le bâti ancien, en soulignant l'importance de la phase de diagnostic, la prise en compte des typologies bâties et la gestion de l'enveloppe, entre restauration et amélioration des performances.
La table ronde consacrée au confort d'été en réhabilitation, animée par Andrés Litvak (Cerema, coordinateur national du CREBA), a mis en avant quatre approches méthodologiques complémentaires pour mieux caractériser le confort d'été dans le bâti existant. Céline Gourvil (Cerema) a présenté une étude menée à Bayonne, basée sur des simulations thermiques dynamiques (STD) réalisées sur huit cas représentatifs du parc ancien. Laure Pizay (Agence d'urbanisme Pays d'Aix Durance) a partagé les enseignements d'une enquête conduite auprès des locataires de sept résidences sociales des Bouches-du-Rhône, mettant en évidence les écarts de ressenti entre logements rénovés et non rénovés ainsi que l'importance de l'accompagnement des usages. Agnès Ferreira Lopes, doctorante au Cerema, a présenté les premiers résultats de ses travaux sur la résilience thermique et aéraulique du bâti ancien lyonnais face au changement climatique. Enfin, Guillaume Perrin, directeur du programme ACTEE, a présenté le projet de recherche-action RACINE, qui expérimente, dans quinze écoles pilotes, des solutions low-tech pour adapter les bâtiments scolaires aux épisodes de fortes chaleurs.
L'association Frugalité Heureuse & Créative a proposé un atelier-débat consacré aux greffes architecturales et urbaines, animé par l'architecte Dominique Gauzin-Müller. À travers des témoignages de praticiens et d'habitants, les échanges ont abordé la réhabilitation sous l'angle de la métamorphose du bâti, en mettant en lumière les dimensions architecturales, techniques et sociales des interventions sur l'existant.
Les retours d'expérience au cœur du colloque
Tout au long de la journée, des ateliers organisés autour de trois parcours thématiques ont offert aux participants l'occasion de découvrir, à travers des retours d'expérience concrets, une large diversité d'opérations de réhabilitation inspirantes menées sur le territoire.
Le parcours A, « Réparer le vivant », a mis en avant la transformation en logements de la Magnanerie à Pompertuzat (31), la réhabilitation de l’école Louis Marin à La Ciotat, ainsi que les réhabilitations sociales de la résidencela Busserine à Marseille (13) et de l'ensemble Cange-Vercingétorix à Paris (75).
Le parcours B, « Fragments d'une réhabilitation amoureuse », a présenté la réhabilitation de l'office solaire d'Azay-le-Rideau (37), doté de la première cheminée solaire visitable de France, ainsi que la réhabilitation de trois immeubles résidentiels au cœur de Marseille (13) et celle de la résidence étudiante Renée Vivien à Lyon (69).
Le parcours C, « Les métamorphoses de la ville », a été consacré à la réhabilitation des logements sociaux de l'îlot Bon Pasteur et des rues Fiacres-Duverger à Marseille (13), à celle de l'école et de la salle des fêtes de Bonnieux (84).
En parallèle des ateliers-REX, un atelier-pitchs a mis en lumière plusieurs dispositifs au service de la réhabilitation, avec les interventions d'Effinergie, d'AIA Environnement, de la Fondation du patrimoine et de Luc Maës (MAES Architecture).
Le programme ACTEE a quant à lui proposé un atelier participatif immersif sur les étapes clés d'un projet de rénovation énergétique, mêlant jeu de rôle et fresque pédagogique.
La journée s’est conclue par une plénière de restitution animée par le sociologue Gaëtan Brisepierre, avec Gabrielle Raynal, administratrice d’EnvirobatBDM, ainsi que les architectes Dominique Gauzin-Müller et Christine Leconte, offrant une synthèse croisée des enseignements des différents parcours.
Un espace de dialogue et de partage porté par des partenaires engagés
Au-delà de la richesse des interventions, le colloque a également offert de nombreux temps d'échange autour des stands des partenaires installés dans le hall de la Cartonnerie. Les discussions informelles, notamment lors de la pause déjeuner, ont permis aux différents acteurs réunis de partager leurs expériences et de poursuivre les échanges engagés au cours des conférences et des ateliers.
Le CREBA remercie l’ensemble des intervenants, partenaires et participants qui ont contribué à la réussite de cette édition. Cette mobilisation collective témoigne de l’intérêt croissant pour une réhabilitation responsable du bâti ancien et invite à poursuivre les échanges et le partage d’expériences.
Prochain rendez-vous : la conférence EEHB 2026
Cette dynamique se prolongera à l’échelle internationale dès l’automne prochain à l’occasion de la 6e édition de la conférence EEHB (Energy Efficiency in Historic Buildings), organisée par le Cerema les 13 et 14 octobre 2026 au Parlement européen à Strasbourg. Consacrée à l’efficacité énergétique des bâtiments d’intérêt patrimonial, elle réunira experts, chercheurs, praticiens et décideurs autour de plusieurs thématiques : impact du changement climatique sur le confort intérieur, recours aux matériaux biosourcés, outils numériques au service de la réhabilitation énergétique du patrimoine ou encore retours d’expérience inspirants.
Toutes les informations et les modalités d’inscription sont disponibles sur le site de la conférence : eehb2026.sciencesconf.org.
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